dimanche 19 mai 2013

C comme Choisis Lison



Source:



- Chanson datant de 1917 dont les paroles sont de Louis Bousquet et la musique de Camille Robert (déjà partenaires pour Quand Madelon)

- A deux reprises, au premier et au dernier refrain, le texte cite trois lieux emblématiques du Chemin des Dames parmi les nombreuses zones du front évoquées dans la chanson.



- Paroles :

V'là les poilus, v’là les Bonhommes
Ceux de Laffaux, ceux de Paissy, ceux de Craonne
Choisis celui qui te plaira, choisis Lison
Et si tu l'aimes il t'aimera
Quand au printemps la feuille pousse, un doux zéphir vient nous charmer
Et de ses lois c'est la plus douce, qui dit au cœur : il faut aimer
Si Cupidon frappe à la porte, belle Lison ne rougis pas
C’est du bonheur qu'il nous apporte, sans un regret tends lui les bras
Un beau brun te plait-il ? En voilà
C'est un blond que tu veux ? Il est là

V’là les poilus, pauvres soldats
Ceux de l'Yser, ceux de Lorette, ceux de l'Artois
Choisis celui qui te plaira, choisis Lison
Et si tu l'aimes il t'aimera

As-tu rêvé d'être l'épouse, d'un gars du Nord aux yeux d'azur
Veux-tu devenir l'Andalouse d'un montagnard basque au pied sûr ?
Préfères-tu d'un franc gavroche le fin sourire et le bagout ?
Du défilé bien vite approche, tu trouveras selon ton goût.
Un beau brun te plait-il ? En voilà
C’est un blond que tu veux ? Il est là

V’là les poilus, v’là les Bonhommes
Ceux de Beaumont, ceux de Verdun, ceux de l'Argonne
Choisis celui qui te plaira, choisis Lison
Et si tu l'aimes il t'aimera

Ils ont cent fois risqué leur vie sous la mitraille sans émoi
Et de te voir toute jolie ils sont timides devant toi
Si tu restais indifférente, O Lison tu ne serais pas
De cette race si vaillante qui donne de pareils soldats
Un beau brun te plait-il ? En voilà
C'est un blond que tu veux ? Il est là
V’là les poilus, v’là les Bonhommes
Ceux de la Marne, ceux de Vimy, ceux de la Somme
Choisis celui qui te plaira, choisis Lison
Et si tu l'aimes il t'aimera

V’là les Bonhommes, v’là les poilus
Ceux de l'Yser, ceux de Verdun, ceux des Hurlus
Choisis celui qui te plaira, choisis Lison
Et si tu l'aimes il t’aimera
V’là les poilus, v’là les Bonhommes
Ceux de Laffaux, ceux de Paissy, ceux de Craonne
Choisis celui qui te plaira, choisis Lison
Et si tu l'aimes il t'aimera.


- Lien vers la version chantée de Tichot

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dimanche 12 mai 2013

B comme Bois des Boches



(JMO 1er CA - mai 1915 - Source: SHD)
- Bois situé entre celui des Buttes et la D 1044, au sud-est de La Ville-aux-Bois-lès-Pontavert (il existe évidemment beaucoup de lieux dénommés ainsi tout le long du front ; un des plus célèbres se trouve en Artois, près de ND de Lorette)

- A partir de septembre 1914, comme son nom l’indique, la forêt est entièrement sous contrôle allemand, prolongée à l’ouest par le « Petit bois des Boches » puis le « Bois franco-allemand » où passe la ligne de front (contrairement à aujourd’hui, un court espace non boisé le sépare de son voisin, le Bois des Buttes).
- Le secteur est parcouru d’un important réseau de tranchées, notamment dans sa partie sud où il forme un saillant.

- Côté français, ce sont les 201e et 284e RI (2e DI) qui aménagement à l’automne 1914 puis pendant l’hiver le front qui longe la lisière occidentale du bois.

- A cet endroit, la limite entre les deux armées n’est pratiquement pas du tout modifiée jusqu’à l’offensive Nivelle, malgré la forte attaque allemande sur le voisin Bois des Buttes en mars 1916.

- Le 16 avril 1917, c’est le 4e régiment d’infanterie qui prend le Bois des Boches dès les premières heures de la bataille. Journée marquée notamment par la mort de Léandre Marcq
« L'aube blafarde du 16 avril déchire l'ombre. Il est 6 heures ; les poilus du 4e  d'infanterie, pleins d'enthousiasme, s'élancent des parallèles de départ.
Soudain l'ennemi déclenche un tir de barrage d'une extrême violence. Du bois des Boches, de la plaine de Juvincourt crépite un exaspérant concert de mitrailleuses ; les rangs sont fauchés parmi nos braves soldats. Blessé deux fois, le capitaine Varin-d'Ainvelle (3e Compagnie) entraîne cependant ses hommes avec la dernière énergie.
Le Sous-Lieutenant Nottelet, l'ardent et vieux colonial, tombe frappé à mort.
Le 1er bataillon enlevé par son chef, le Commandant Eckenfelder, dépasse bientôt les premières lignes allemandes faisant des prisonniers. Il atteint la route 44 et attaque le bois des Boches. La lutte devient ardente.
Sortis de leurs abris bétonnés et du tunnel de la route, les Allemands opposent une résistance désespérée. On en vient au corps à corps.
Le Lieutenant Marcq, commandant la 2e Compagnie qui a fait passer son héroïsme dans le cœur de ses hommes, les entraîne irrésistiblement, Il tombe, la poitrine déchiquetée par les balles ; au sous-lieutenant Bucard, il crie encore : « Prends le commandement de la compagnie et venge-moi ». Il l'embrasse, se fait asseoir « face à l'ennemi », refuse de se laisser emmener, fait le signe de croix et meurt. Voilà les hommes de la grande guerre.
Le sous-lieutenant Bucard se précipite dans l'ouvrage de Hanovre suivi de tous ses braves. Le chef de bataillon allemand et ses quatre officiers, qu'il met en joue, lui remettent leur révolver. Plus de cent Allemands sont fait prisonniers.
Appuyé à un tronc d'arbre, une balle dans le ventre, Marchand, un petit gars relevé d'usine, tire jusqu'à son dernier souffle. Près de Marcq, Folquier, le vieux poilu d'Argonne, demeurera onze heures, perdant son sang, sans autre garrot que la courroie de son bidon.
Peu à peu, l'encerclement du bois des Boches se dessine. La majeure partie de l'ouvrage de Hanovre avec douze officiers, plus de trois cent cinquante prisonniers, quinze mitrailleuses et un matériel considérable, sont aux mains du 1er Bataillon. »
(Historique du 4e RI)

- Avec l’avancée française au-delà de la Nationale, le bois n’est plus en première ligne mais garde une grande importance dans le système défensif français puis britannique jusqu’à l’offensive allemande du 27 mai 1918.

 


- Les lieux jouent aussi un rôle important pendant la seconde guerre mondiale, abritant notamment des installations aériennes allemandes.

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