Mon blog du centenaire

mardi 7 octobre 2014

B comme Birckel (Marie)



- Institutrice française
- Essômes (Aisne) 1888 – Versailles 1968

- Marie Birckel est institutrice à Variscourt lorsque le village est occupé par les Allemands à partir de septembre 1914 (sa mère meurt de dysenterie en octobre après avoir été désignée pour remplacer le maire). Lorsque le front se stabilise à proximité, les autorités militaires évacuent les civils : la jeune fille est alors hébergée à Laon, où elle aide les réfugiés.
- En mai 1915, elle monte sans autorisation à bord d'un train de rapatriés vers la France – via la Suisse. Arrivé sur le sol français, elle reporte immédiatement aux autorités militaires tout ce qu'elle a vu là où elle a vécu et au cours de son transport : numéros des régiments allemands, situation des terrains d'aviation, pertes militaires occasionnées par les bombardements, construction d'un chemin de fer Bazancourt-Neufchâtel-sur-Aisne, etc.
- Elle devient par la suite une véritable espionne : d'abord chargée de recueillir les informations auprès des réfugiés axonais qui arrivent à Paris, elle est renvoyée en zone occupée pour y établir un véritable réseau d'informateurs ferroviaires autour d'Hirson en février 1916.

- Marie Birckel est arrêtée en mai 1916, emprisonnée à Liège puis condamnée aux travaux forcés en Allemagne. Libérée en novembre 1918, elle reçoit de très nombreuses décorations, notamment la Légion d'Honneur. Elle épouse Emile Fauquenot, rencontré en prison à Liège, avec qui elle participe à nouveau à la Résistance pendant la seconde guerre mondiale. 

- Entre temps, son fils Jean est décédé à Allemant pendant la reconquête alliée de septembre 1918.

 


- Marie Birckel-Fauquenot est enterrée à Pinon ; depuis quelques années, la salle polyvalente de Variscourt porte son nom.




Source principale : Jean-Marc Binot, Héroïnes de la Grande Guerre, Fayard, 2008


dimanche 21 septembre 2014

V comme Villebois-Mareuil (Godefroy de)



- Aristocrate français
- Angers 1858 – 1917

- Le baron Radegonde Godefroy de Villebois-Mareuil, issu d’une famille prestigieuse, est propriétaire agricole dans le Maine-et-Loire quand commence le conflit.
- A 57 ans en 1914, il s'engage comme brancardier volontaire puis passe au 4e Zouaves de marche, régiment de son père, Henri, décédé au combat en 1870.

- Blessé dans une tranchée par une grenade lors des premiers jours de l’offensive Nivelle (autour d’Hurtebise), le sous-lieutenant Villebois-Mareuil anticipe la fin de sa guérison et demande à revenir au front dès le 16 juillet. Le 23 octobre, au premier jour de l'offensive de La Malmaison, il meurt en menant ses hommes à l'assaut du fort.

- Titulaire de la Croix-de-guerre (palme et étoile d'argent), il reçoit la Légion d'Honneur à titre posthume.




 
(A noter que son gendre, le vicomte Charles de Changy, est lui aussi MPF)


jeudi 21 août 2014

I comme Institutrice



- Le 3 décembre 1914, le Journal Officiel (le gouvernement français est alors encore à Bordeaux) publie divers hommages à des fonctionnaires et à des civils ayant eu une attitude courageuse dans les premiers mois de la guerre.
- On trouve notamment le nom de Madame Chéron, « institutrice laïque » à Bouffignereux :  « A montré dans des circonstances difficiles la plus grande énergie; chargée des fonctions de secrétaire de la mairie, et, seule au moment de l'arrivée des Allemands, elle ne s'est pas laissée déconcerter par les menaces et a tenu tête à leurs exigences avec une décision et un sang-froid remarquables; lors du retour de nos troupes, elle a assuré le service du cantonnement et de l'alimentation; elle a pris elle-même toutes les mesures pour l'identification et la sépulture de nos morts ; enfin elle a su prévenir la panique au cours du bombardement, par son exemple, son altitude et ses encouragements a la population. »

Source : L’Action féministe, janvier 1915 et Le Figaro du 4 décembre 1914


dimanche 10 août 2014

D comme Die brennende stadt

- Roman allemand

- La ville en flammes – Die brennende stadt en version originale – est un livre de l'écrivain pacifiste allemand Edouard Stilgebauer, réfugié en Suisse dès les débuts du conflit et qui a pris plutôt parti pour les Alliés. Le roman paraît fin 1919.

- L'histoire est centrée sur le vieux général von Brofft, couvert de gloire lors des guerres prussiennes de 1866 et 1870 et rappelé par Guillaume II après la défaite de la Marne au commandement d'une division.
- Depuis le château de Brimont partiellement ruiné, il dirige les manœuvre de ses hommes et de l'artillerie qui se trouve sur les plateaux de Vauclerc et des Casemates. Malgré les malheurs qui affectent sa famille, il se comporte en soldat, avant tout en « soldat prussien » et n'a aucune héésitation lorsque le colonel d'un régiment d'artillerie vient lui dire que les tours de la cathédrale de Reims se trouvent dans son champ de tir : il lui ordonne de tirer quand même, « car il s'agit de la conservation des hauteurs de Craonnelle. »

- Reims devient alors la ville en flammes qui donne son titre au roman. Stilgebauer introduit alors le personnage d'un moine, Benoît Saint-Amer, courageux sous les bombardements, qui traverse le champ de bataille pour aller demander à von Brofft de stopper ses canons, sinon quoi il mourra (l'Allemand se sait déjà atteint d'un cancer). Malgré le choc ressenti, le général ne cède pas car il souhaite rompre la guerre de positions, nostalgique des grandes chevauchées militaires de sa jeunesse. Quelques jours plus tard, observant Reims en feu, il est victime d' une syncope.
- Benoît Saint-Amer, renvoyé dans la ville, découvre une photo de la fille du général et sauve son gendre blessé de l'incendie, avant de le suivre dans son évacuation vers Paris puis vers l'Allemagne via la Suisse.
- Après d'horribles souffrances et cauchemars, le général von Brofft finit par mourir avec comme dernière vision celle du moine venu à son chevet accompagner sa fille ...





Source : Mercure de France, 01/01/1920, disponible sur le site de la BNF



dimanche 13 juillet 2014

C comme cyclistes


Frank Henry (source: BNF - Gallica)

- Au moins deux cyclistes français ayant participé au Tour de France dans ses premières années sont décédés dans le secteur du Chemin des Dames, parmi les nombreux MPF que compte le peloton du début du siècle (parmi eux, citons notamment Lucien Petit-Preton, vainqueur des Tours 1907 et 1908 ou Octave Lapize, lauréat en 1910).

- Arthur Adrien Héloin, né à Vervins dans l’Aisne en 1889, participe au Tour de France au sein de l’équipe Alcyon ; il abandonne au cours de la 7e étape Nice-Nîmes, gagnée par le luxembourgeois François Faber (lui aussi meurt au combat). Mobilisé au 352e RI (19e compagnie), il combat sur l’Aisne à l’ouest de Soissons puis autour de Vénizel à partir d’octobre 1914, remplaçant les Britanniques.
- Le 13 janvier 1915, les Allemands lancent une puissante offensive sur les positions françaises au nord de l’Aisne (ceci faisant partie de l’ensemble des combats dits « bataille de Crouy »). Le 352e positionné sur le plateau de Vregny au nord de Bucy-le-Long est balayé, comme les unités voisines. Les pertes sont terribles : à chaud, on comptabilise 33 morts, 118 blessés et 617 disparus. Parmi eux, Adrien Héloin, dont le corps n’est jamais retrouvé et qui n’a donc pas de sépulture connue.

- Un an avant Héloin, Michel Joanny (né à Baron, Saône-et-Loire, lui aussi en 1889) abandonne son unique Tour de France qu’il accomplit en tant que coureur « isolé » dès la 3e étape, Metz-Belfort.
- Le 4 mai 1917, son régiment, le 174e, est chargé de reprendre l’offensive sur le canal de l’Aisne à la Marne, à la hauteur de la ferme du Godat. La bonne défense allemande empêche une réelle progression française ; le 174e RI perd 57 tués, 210 blessés et 153 disparus, dont Michel Joanny, qui n’a pas de sépulture connue.



- Parmi les autres cyclistes ayant perdu la vie autour du Chemin des Dames, on peut citer le jeune espoir Frank Henry, 22 ans en 1914, né à Landerneau. Champion de France des indépendants et vainqueur du Critérium du Midi en 1913, il est détaché auprès du GQG (état-major de la 1ère Armée) comme estafette à vélo en août 1914.
- Le 9 novembre, au cours d’une mission, il meurt dans des conditions qui ne sont pas très claires (explosion accidentelle d’une grenade ? d’un obus ?) à Courcelles-sur-Vesle, près de Braine. Il est enterré dans le cimetière communal du village.

(Pour plus de détails sur Frank Henry, consulter la Lettredu Chemin des Dames n°23)

 

A lire : Jean-Paul Bourgier, Le Tour de France 1914