Information

Mon activité est moindre ici en ce moment car je consacre beaucoup de temps au blog "frère" qui raconte semaine après semaine (et jour par jour en ce moment) les événements au Chemin des Dames il y a 100 ans.


http://cdd100ans.blogspot.fr/


Cordialement
Gil Alcaix

lundi 14 juillet 2008

D comme distances

- Entre la vallée de l’Aisne et le Chemin des Dames il y a environ 5 à 6 kilomètres à vol d’oiseau.
- Entre le Chemin des Dames et la vallée de l’Ailette 2 kilomètres.
- Entre la vallée de l’Aisne et Laon une vingtaine de kilomètres.

V comme Vendresse

(MAJ novembre 2010)






- Village situé en contrebas de Cerny-en-Laonnois, sur le versant sud du plateau
- 115 habitants

- Mi-septembre 1914, le front se fige à proximité de Vendresse, juste au-dessus du village, près de la sucrerie de Cerny. Ce sont les soldats britanniques, qui ont conduit la contre-offensive depuis la Marne, qui buttent sur la résistance allemande et subissent des pertes considérables, s’épuisant face aux défenses surélevées.
- Le village de Vendresse est donc au cœur des premières lignes françaises (une fois les Britanniques relevés) pendant plusieurs années, subissant bombardements et destructions qui entraînent le départ de sa population.

- Le 16 avril 1917 et pendant plusieurs semaines, c’est le point de départ des soldats français qui attaquent vers les hauteurs en direction de Cerny, sans réussite.
- Vendresse est donc le lieu de manifestations de mécontentement de soldats, au mois de mai, lorsque le commandement annonce la montée en première ligne dans ces secteurs devenus tristement célèbres. (cf « Mutinerie de Vendresse »)

- Entre le 27 mai et le 12 octobre 1918, les ruines du village sont aux mains des Allemands.



- Vendresse compte environ 170 habitants quand commence la guerre ; le village est totalement vidé de sa population quand elle se termine et seuls 32 habitant sont recensés en 1921 (112 en 1926, environ 150 dans les années 1930).
- En 1923, les communes de Vendresse-et-Troyon et de Beaulne-et-Chivy sont fusionnées car les destructions sont jugées trop importantes pour permettre des vies administratives autonomes.
- La reconstruction du village de Vendresse, qui reçoit la Croix-de-guerre en 1920, se fait sous le parrainage du Puy-de-Dôme.




- Au nord du village a été établi après-guerre un cimetière britannique : 728 soldats s’y trouvent, tombés en septembre 1914 au moment où le front se fige et le 27 mai 1918, lors de l’offensive Ludendorff. Ils viennent de différents petits cimetières de la région.
http://www.memorial-chemindesdames.fr/pages/cimetiere_detail.asp?cimetiere=6




A consulter:
Base Mérimée

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A comme Ange gardien

- Calvaire qui marquait l’entrée Ouest du Chemin des Dames, près de la ferme Vauxrains.
- Dessiné par Jean Topin, il est réalisé par Bardin grâce à une souscription publique. Il commémore l’offensive Pétain d’octobre 1917 à la Malmaison.
- Il est inauguré en 1924 : aucun officiel n’est alors présent.

- En 1977, le calvaire est restauré par le Souvenir français.
- Depuis les travaux d’aménagement en 2x2 voies de la RN2, l’Ange gardien se trouve au centre d’un échangeur car son état ne permet pas de le déplacer ; il perd ainsi une partie de son sens.

jeudi 10 juillet 2008

F comme Foteaux (Les)


- Lieu-dit situé à quelques hectomètres à l’Est de la ferme d’Hurtebise

- On y trouve les restes d’un réseau de tranchées classé à l’inventaire supplémentaire des MH depuis 1999.

L'intérêt du site repose sur la remarquable conservation de l´essentiel du réseau défensif mis en place par les Allemands ainsi que sur la variété des vestiges conservés (réseaux de tranchées, trous d´obus, abri bétonné et tunnel). Creusé afin de pallier l´absence de carrières à l´est de la ferme d´Hurtebise, le Waldtunnel (tunnel de la forêt) permettait aux Allemands de circuler à couvert entre les différents points stratégiques et de pouvoir ainsi atteindre la première ligne. Il était pourvu d´un escalier taillé dans la masse dont une partie a aujourd´hui disparu. Les ennemis ont également construit une voie ferrée reliant le bois B1 à l´abbaye de Vauclair, longeant le rebord septentrional du plateau. En effet, entre le Bois B1 et Craonne, le site possède une des plus grandes concentrations de casemates, trous d'obus, boyaux, sapes. Protégée par trois lignes de tranchées reliées par des boyaux, parcourue par une tranchée faisant face au sud et une autre de flanquement faisant face au sud ouest, la position se trouvait à 400 mètres derrière la première ligne allemande. Le site fut très bien conservé en raison de sa fossilisation liée à la présence d´arbres. Les galeries sont aujourd'hui en partie comblées étant donnés leur effondrement et leur effritement. L'emprunt du tunnel présente actuellement un réel danger. La vue des champs situés en face, d'une grande platitude, contraste avec le relief perturbé du bois, rappelant ainsi l'état de dégradation qu'avaient subi les terres dans cette partie de l' Aisne.

Situé sur le plateau de Vauclerc, au sud de Bouconville-Vauclair, à 1,1 km à l´est de la ferme d´Hurtebise, ce site, constitué d'un réseau de tranchées dans le bois B1 (appellation donnée par les Français lors des combats de la Grande Guerre) et d'un tunnel, fut inscrit au titre des Monuments Historiques le 23 novembre 1999. Le secteur fut occupé par l'ennemi du 10 septembre 1914 au 5 mai 1917. Les Allemands purent consolider leur installation défensive pendant la période de calme qui s´étala de fin janvier 1915 à avril 1917. Le bois B1 fut l´un des objectifs les plus violemment disputés en avril 1917 par les Français. Jusqu' au 2 novembre 1917, la position constitua la première ligne de front. Le site fut alors repris par les alliés jusqu´au 27 mai 1918. Il fut ensuite occupé par l´ennemi jusqu' au 10 octobre 1918. Les parcelles entre Craonne, le Bois B1 et le nord du chemin départemental n°39 furent rachetées par l´Etat, classées Zone Rouge et confiées à l´ONF. Il est rare de trouver en Picardie une étendue si vaste de vestiges de la Première Guerre classée Zone Rouge dès la fin des combats et restée conservée de la sorte (le plus souvent, les terres classées Zone Rouge ont ensuite été cultivées).


(source : Ministère de la Culture – Inventaire général du patrimoine culturel / base Mérimée)

E comme Estienne (Jean-Baptiste)

- Artilleur et ingénieur militaire français, « père des chars »
- Condé-en-Barrois 1860 – Paris 1936)

- Dans un premier temps, il travaille dans le domaine de l’artillerie
- Par la suite, jugé progressiste, il se voit confier le commandement du service de l’aviation militaire de Reims (1909) et mène en parallèle développement de l’artillerie et de l’aviation.

- Dès qu’il apprend que l’on développe les chars, en 1915, il s’intéresse au sujet (« artillerie d’assaut ». Il devient général et directeur de l’artillerie spéciale en 1916.
- Il s’oppose à l’emploi des chars à Berry-au-Bac (exigée par Nivelle) car il le juge trop prématuré.
- L’arrivée de Pétain sauve l’artillerie spéciale et Destienne (qui obtient la Légion d’honneur)

- Il passe la fin de sa carrière et de sa vie à se consacrer aux chars. Il se retire à Nice.

D comme Dorgelès (Roland)

(MAJ juillet 2010)


« Cette trace de sentier, qu’on reconnaît quand même à son usure, bouleversé par les entonnoirs, c’est le Chemin des Dames. Cinquante mois on se l’est disputé, on s’y est égorgé, et le monde anxieux attendait de savoir si le petit sentier était enfin franchi. Ce n’était que ça, ce chemin légendaire : on le passe d’une enjambée … Si l’on y creusait, de la Malmaison à Craonne, une fosse commune, il le faudrait dix fois plus large pour contenir les morts qu’il a coûtés. Ils sont là, trois cent mille, Allemands et Français, leurs bataillons mêlés dans une suprême étreinte qu’on ne dénouera plus, trois cent mille sur qui des mamans inquiètes s’étaient penchés quand ils étaient petits, trois cent mille dont de jeunes mains caressèrent le visage.
Trois cent mille morts, cela fait combien de larmes ? »


R. Dorgelès, Le réveil des morts (p. 179/180),
cité par N. Offenstadt dans l’introduction de Le Chemin des Dames – De l’événement à la mémoire


- Ecrivain français
- Amiens 1885 – Paris 1973

- En 1914, Roland Dorgelès (de son vrai nom Lecavelé) mène une carrière de journaliste et fréquente les milieux artistiques parisiens.

- Bien que réformé (accident pulmonaire), il s’engage en août 1914 à Rouen au 74e RI. Après ses classes, il devient mitrailleur au 39e RI, qu’il rejoint dans le secteur de Brimont-Loivre. Il y reste jusqu’à la fin de l’année, avant que son régiment ne soit déplacé autour de Berry-au-Bac.
- Le 16 février, il participe à un violent combat dans le bois du Luxembourg, près de Loivre (« Pas drôle le mardi gras ici », lettre du 16 février 1915).

- En mai 1915, Dorgelès part pour l’Artois, où il est blessé lors des terribles combats de Neuville-Saint-Vaast.
- En septembre, il intègre l’aviation : stratégie d’évitement qui lui permet de se retirer des tranchées, dont il revient traumatisé. Il finit la guerre inspecteur dans l’aviation.

- Pendant les premières années de la guerre, Roland Dorgelès écrit de nombreuses lettres (notamment à sa mère et à celle pour laquelle il a une passion, « Mado »), édités en 2003 sous le titre Je t’écris de la tranchée. Correspondance de guerre 1914-1917.
- De plus, dès 1915, en parallèle à ses activités militaires, il commence l’écriture des Croix de Bois. Le roman, publié en 1919, est couronné du Prix Femina et d’un succès populaire.

- Roland Dorgelès se consacre alors entièrement à sa carrière littéraire. En 1923, il publie Le Réveil des morts, qu’il situe dans l’Aisne, dans lequel il narre les difficultés de l’après-guerre, de la reconstruction des bâtiments, des hommes et des âmes
« Quand un sinistré rentrait au pays, quitté en 1914, et qu’il découvrait de la route de Soissons cet immense écroulement, ce chaos de décombres où disparaissait jusqu’à la trace des rues, il sentait son courage l’abandonner d’un coup. Déblayer ces monceaux, niveler ces crevasses, reconstruire quelque chose sur ce tas de gravats, allons donc c’est impossible !
Pourtant, quand on avait dormi quelques nuits dans sa cave ou sous un toit de carton, quand on avait vécu quelques jours au milieu de ces pierres calcinées, on reprenait confiance. On vivait bientôt dans les ruines comme les soldats dans la boue, on s’y faisait. »




Sources :
http://www.crid1418.org/temoins/2008/04/10/dorgeles-lecavele-dit-roland-1885-1973/
http://www.terresdecrivains.com/Roland-DORGELES
http://www.caverne-du-dragon.com/UserFile/File/Espace_Presse/Dossier%20de%20presse%201919.pdf
http://www.crid1418.org/espace_pedagogique/documents/icono/sortie_guerre.html

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mardi 8 juillet 2008

C comme Caïd

- Carrière exploitée du XIXe siècle jusqu’aux années 1950, situé au Nord-Est du village d’Ostel (lieu-dit la Grande Pièce, en direction du Chemin des Dames).
- C’est pendant la Grande Guerre qu’elle est baptisée ainsi (on l’appelle aussi carrière Régnier – nom de son exploitant – ou carrière à deux gueules, à cause de ses 2 entrées).

- Occupé par les Allemands de septembre 1914 au 21 avril 1917, le secteur se situait alors à 400 mètres en arrière de la première ligne française et servait de dépôt de munitions et d´abri pour les compagnies de soutien. La carrière fit l'objet de combats incessants jusqu' au 6 mai 1917, date à laquelle elle fut regagnée par la 127e Division d' Infanterie française, puis par le 5e bataillon du 4e zouave (fait qui pourrait expliquer le nom donné au site), puis par le 6e bataillon des chasseurs alpins. Elle fut alors utilisée comme base pour l'attaque du 23 octobre 1917 en direction du fort de la Malmaison. Les ennemis la recouvrèrent le 27 mai 1918 et l´occupèrent jusqu´au 28 septembre de la même année.
- La carrière présente treize traces rupestres [françaises] de la Grande Guerre, dont les huit plus remarquables sont regroupées sur une même paroi. Ces huit sculptures se composent d'un écu suisse portant l'inscription Dieu Patrie, de deux rouleaux de parchemin déployés avec inscriptions, d'un bas-relief représentant les principaux monuments de Paris, d'un crucifix avec les murailles de Jérusalem en arrière-plan, d'une ancre avec rouleau de parchemin déployé, de l'imitation d'un médaillon avec anneau contenant le Sacré-Coeur, de drapeaux français et américains entrecroisés.
(source : Ministère de la Culture – Base Mérimée)

- La paroi gravée de la creute du Caïd est classée aux Monuments historiques depuis 1999.

F comme Filain

- Village de la rive gauche de l’Ailette, au Nord du Chemin des Dames (La Royère), à quelques hectomètres de Pargny-Filain (altitude 90 mètres)
- 90 habitants

- Les Allemands occupent Filain du mois de septembre 1914 au 25 octobre 1917. Le village se trouve alors en seconde ligne allemande entre avril et octobre 1917. Des combats très violents le détruisent en partie entre le 23 et le 27 octobre 1917 au cours de la bataille de la Malmaison. Les Français reprennent le secteur jusqu´au 27 mai 1918, qui redevient allemand jusqu´au 30 septembre 1918. Gravement endommagé, Filain est cité à la croix de guerre le 18 mars 1921. Le village est reconstruit sur le même emplacement. Le nouveau plan d'alignement entraîne le déplacement de plusieurs édifices (tels que le lavoir). Pour la réhabilitation des bâtiments communaux, Filain adhère le 5 novembre 1922 à la coopérative de reconstruction fondée dans le village même. La commune bénéficie de dons de Fontcouverte dans l'Aude et de la Tunisie ; cet argent est utilisé pour la mise en place de pompes, les dommages de guerre alloués étant trop faibles pour en assurer la reconstruction. L'équipe d'ouvriers ayant participé au chantier de reconstruction est composée à 80% d'Italiens, qui s´installent, pour certains d´entre eux, définitivement à Filain.
(source : Inès Guérin ; Ministère de la Culture – Base Mérimée)

- Le château de Filain est presque entièrement détruit par le conflit, et n’est pas reconstruit.

- Pendant le conflit, les Allemands érigent un monument en honneur aux morts des deux camps, dans le cimetière. Pendant la reconstruction, les corps sont déplacés ; la nécropole de Filain disparaît, et le monument est aujourd’hui très dégradé.


Deux plaques, aujourd´hui illisibles, sont contenues dans une construction en pierre de taille ; les inscriptions en allemand indiquent : (...) vereint / in tode / ruhn sie im schir / menden schosse / der erde, bis eirst ...mer / ster wecket die / Geister mit seinem / schaffenden wort / es werde (Amis et ennemis dans la mort réunis, ils reposent dans le giron protecteur de la terre (au sein protecteur de la terre), jusqu' à ce que le maître réveille les esprits avec son mot créateur : qu' il soit (qu' il devienne), la fin n' étant pas traduisible). Une croix est visible à la clé de voûte.
(source : Inès Guérin ; Ministère de la Culture – Base Mérimée)

P comme Pargny-Filain

(MAJ juillet 2010)




- Village des contreforts nord du Chemin des Dames, proche du fort de La Malmaison et de l’Ailette (bassin de Monampteuil)
- 220 habitants

- Les 250 personnes qui peuplent Pargny-Filain en 1914 voient arriver les Allemands au début du mois de septembre. Le village reste occupé pendant plus de 3 ans, aménagé comme centre de repos puis de défense. L'Argus du Soissonnais précise que, lors de la Première Guerre mondiale, un cimetière fut spécialement créé pour enterrer les soldats allemands, sur un terrain situé en bas du village.

- Après l’offensive Nivelle, la ligne de front se rapproche de Pargny-Filain, qui subit des bombardements importants.

- Après la victoire de La Malmaison, le village est repris par les Français de la 66e DI qui progressent jusqu’à l’Ailette le 25 octobre 1917. Dans la nuit qui précède, « nos canons lourds concentrent leurs feux sur Pargny-Filain, sur la Carrière du Tonnerre, sur les pentes de l’Eperon Sainte-Berthe » ; au petit matin, « du rebord du plateau, les chasseurs [27e et 64e BCP] dévalaient la contrepente et arrivaient, en quelques minutes, au village de Pargny-Filain, leur objectif. » (RGN, op. cit., pages 321/322)

- Le village change à nouveau de main entre le 27 mai et octobre 1918.


- Pargny-Filain est entièrement détruit par le conflit ; il est adopté par le département des Pyrénées-Orientales dans le cadre de la reconstruction.
- La population du village est très faible après la guerre : il n’y a encore que 80 habitants recensés en 1921 (chiffre qui remonte autour de 150 dans les années 1930, mais jamais le village ne retrouve sa population antérieure).




Base Mérimée

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dimanche 6 juillet 2008

B comme Bois des Buttes

- Lieu-dit situé à proximité du village de La Ville-aux-Bois-lès-Pontavert (altitude maximale 98 mètres, la plaine alentour étant à environ 60 mètres)

- C’est l’endroit où est blessé Guillaume Apollinaire à la tête, le 17 mars 1916. Une stèle à sa mémoire s'y trouve.

C comme Crouy

(MAJ juillet 2010)




- Ville de l’agglomération de Soissons, située au Nord-est de celle-ci, près d’un méandre de l’Aisne (rive droite)
- 2 600 habitants

- Près de 1 500 habitants voient les Allemands occuper la région puis refluer en septembre 1914. Située très près de la ligne de front en 1915, Crouy souffre beaucoup des bombardements allemands et des combats entre les deux armées (8-13 janvier 1915).

- Pendant plus de deux ans, Crouy est aux mains des Allemands, qui s’en retirent lors du repli sur la ligne Hindenburg. La ville connaît un peu de répit (malgré quelques bombardements) grâce à la progression française du printemps.

- Crouy connaît à nouveau l’occupation allemande entre le 28 mai et septembre 1918.


- Les destructions sont considérables (l’église Saint-Maurice, par exemple, qui est reconstruite dans un style néo-roman). Comme dans toute la région, la population baisse fortement à cause de la guerre : il n’y a que 1 010 habitants recensés en 1921 (mais le chiffre augmente rapidement : près de 2 000 à la fin des années 30).





- On trouve à Crouy une nécropole militaire, un peu à l’Ouest, en direction de Cuffies. Y sont regroupés 2 994 corps, dont 2 991 de la première guerre : 2 941 Français (1 465 tombes individuelles et 1 476 dans les ossuaires) et 50 Britanniques.
(Source : Mémorial virtuel du ChdD)





Site de la ville (en travaux pour l’instant) : http://ville-crouy.fr/decouvrir-crouy/histoire.html

vendredi 4 juillet 2008

A comme Altitude

- Le Chemin des Dames est à une altitude d’environ 180 mètres (Corbeny 90)
- La vallée de l’Aisne est à 50 mètres d’altitude.
(Vendresse ou Braye à une centaine de mètres)

- L’Ailette est, elle, à 80 mètres.
- La plaine autour de Laon et de Reims est à 60 mètres.

Chiffres froids qui dissimulent la souffrance des hommes pour atteindre les points hauts ...

jeudi 3 juillet 2008

V comme (La) Ville-au-Bois-lès-Pontavert

(MAJ juillet 2010)




- Village situé à proximité de la D 1044 (ancienne RN 44), au nord de Berry-au-Bac
- 150 habitants

- La Ville-aux-Bois compte déjà environ 150 habitants quand les Allemands prennent le village en septembre 1914. Des combats violents y ont lieu après la contre-offensive française, autour du 15 ; les destructions sont déjà importantes (incendie du château et de ses dépendances notamment).

- La Ville-aux-Bois reste finalement aux mains des Allemands, mais sur la ligne de front qui passe dans le Bois-des-Buttes, à quelques hectomètres. C’est ainsi que les derniers bâtiments sont anéantis par les combats de fin septembre 1915 et de mars 1916, notamment par l’artillerie française.


- Le 16 avril 1917, les Français du 31e RI s’approchent très près du village mais sont stoppés. Ils parviennent à pénétrer dans les ruines le 18 au petit matin et à avancer jusqu’à la nationale.
(cf. le JMO de la 10e DI, notamment la carte page 14)


- Pendant plusieurs mois, la zone reste très proche des combats puis change à nouveau de mains le 27 mai 1918, avant d’être définitivement reconquise par les Alliés en octobre.


- En 1920, le village est entièrement détruit, il ne reste aucune trace du plan antérieur ; c’est pourquoi la commune est supprimée, ce qui pousse beaucoup d’habitants à s’installer ailleurs. Finalement, La Ville-aux-Bois se relève grâce à la ténacité de quelques habitants (ils sont 19 au recensement de 1927) ; il est adopté par le Cantal dans le cadre de la Reconstruction et retrouve son autonomie administrative. On compte plus d’une centaine d’habitants dans les années 1930.




- Un cimetière britannique situé sur la D 1044, à proximité, regroupe 564 sépultures, issues de différentes zones de combat. « C’est dans le secteur réputé calme au printemps 1918 que les 8e, 21e, et 50e divisions britanniques étaient au repos au moment où, le 27 mai 1918, Ludendorff lança sa quatrième offensive de printemps ». « Le 2ème Bataillon du Devonshire Régiment et le 5ème Batterie de la 45ème Brigade de la Royal Field Artillery reçurent la Croix de Guerre pour leur courage et leur dévouement à cette occasion et une croix de granit, érigée par le Devonshire Regiment, se dresse sur le coté de la route principale où le Bataillon fut anéanti. » Source : Mémorial virtuel du Chemin des Dames



Sources :
Base Mérimée

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M comme Monument des Basques

(MAJ août 2010)






- Monument situé sur le plateau, en bordure de la D18, entre Craonnelle et Oulches-La Vallée Foulon

- Les anciens combattants de la 36e DI, basée dans le sud-ouest, décident en 1926 d’élever un monument sur les lieux où ils ont combattu. Un comité est crée, présidé par l’abbé Durquet, sous le haut patronage du maréchal Franchet d’Esperey ; une souscription nationale permet de recueillir des fonds importants.
- Le monument est de l’architecte Mathieu Forest et du sculpteur Claude Grange (qui a combattu en avril 1917 au Chemin des Dames) ; on l’édifie près d’un lieu que les soldats avaient baptisé le « carrefour de la mort ». Le simple paysan qui y figure regarde vers la vallée de l’Aisne et par conséquent tourne le dos au plateau qu’il fallait reprendre à tout prix : est-ce un hasard, mais il faut savoir que la 36e DI a été fortement touchée par les mutineries de juin 1917, notamment le 18e RI de Pau (rendu célèbre par Vincent Moulia).

- L’inauguration a lieu le 30 septembre 1928, en présence de 400 vétérans de la division et en l’absence de toute autorité civile ou de tout élu. « Ce monument réhabilite la statuaire de guerre et nous change agréablement de tous ces « navets » – trop communs hélas ! – belliqueux hors du danger qui trahissent aussi totalement qu’inconsciemment l’ultime et profonde pensée de ceux qu’ils prétendent glorifier. […] Au pied, face à la vallée, un paysan basque dans le costume du terroir. La face est grave et calme, comme il convient au lieu et à l’idée. […] Ni bravade, ni attribut militaire d’aucune sorte. L’homme regarde et pense ; cela ne s’agite pas un homme qui pense. […] Dans ce paysage aux souvenirs tragiques, il impressionne par son calme et sa force. Les trois généraux qui sont là en ont l’air un peu interdits. Visiblement, ils ont coutume qu’on leur présente autre chose. » (Lucien Hébert, La Dépêche de l’Aisne, 3 octobre 1928)



- Une cérémonie annuelle a lieu au monument jusqu’en 1972, en présence d’anciens combattants de la 36e DI.


- Le monument des Basques est classé à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 2003.




Sources :
Lettre du Chemin des Dames n°1, pages 4 et 5
N. Offenstadt (dir.), op. cit., pages 280/281 (détails de l’inauguration) et 291/292 notamment

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mercredi 2 juillet 2008

R comme Russes

- Après un accord avec la France (1915), les autorités russes envoient 4 brigades de volontaires combattre hors de leur pays : 2 en Orient, 2 sur le front occidental (44 000 hommes en tout).

- Les 20 000 soldats du front occidental sont rassemblés au camp de Mailly (Aube) ; ils défilent le 14 juillet 1916 à Paris devant une foule enthousiaste.

- La même année, ils combattent en Champagne (Aubérive)

- En avril 1917, les 2 brigades (4 régiments) sont rattachées à la 5e armée du général Mazel pour participer à l’offensive Nivelle.

- En 2 jours, ils prennent les ruines de Courcy, la côte 108, le Mont Espin, Sapigneul (et capturent 1 000 prisonniers). Ils sont relevés le 20 avril : on compte parmi eux 70 officiers et 4 472 hommes morts, blessé ou disparus. Ils sont cités à l’ordre de l’armée.

- Mais ils sont affectés par les événements russes et se scindent entre communistes et loyalistes. Eloignés du front (Creuse), la division devient conflit : les communistes se mutinent et l’armée française doit intervenir pour évacuer le camp de Courtine (plusieurs morts).

- La révolution d’octobre aggrave les choses : certains choisissent de s’engager dans l’armée française, d’autres deviennent travailleurs militaires, certains sont envoyés dans des camps en Afrique du Nord (rapatriés en 1919).

- La légion russe s’illustre sur tous les champs de bataille en 1918, y compris à nouveau au Chemin des Dames.

- Beaucoup de soldats morts au combat sont inhumés au cimetière militaire de Saint-Hilaire (Marne), où se trouve aussi une chapelle.

NDLA: le dimanche 11 mai 2008, je passais vers Midi à ce cimetière de la plaine de Champagne, après Auberive et avant Mourmelon. Une cérémonie s'y déroulait. La mémoire de la première guerre est indispensable, collective mais aussi très personnelle ...

mardi 1 juillet 2008

B comme Buisson coquin


- Butte située à l’extrémité Est du chemin des Dames, entre Hurtebise et Craonne (à gauche sur la photo)

- 197 mètres d’altitude maximale

- C’est depuis ce lieu que Napoléon dirigeait ses troupes à la bataille de Craonne, le 7 mars 1814.



NDLA: Drôle d'endroit pour une boucherie. Un lieu réservé auparavant aux plaisirs de la chair qui n'en reçoit plus que des lambeaux ...



V comme Vauxbuin

(MAJ juillet 2010)



- Village au Sud-ouest de Soissons, dans la vallée de la Crise (rive gauche)
- 800 habitants

- Près de 500 habitants vivent à Vauxbuin quand commence la guerre. Le village est occupé brièvement par les Allemands puis libéré par les Britanniques en route vers l’Aisne.

- Il se trouve pendant plusieurs mois à proximité du front et on y établit un hôpital. Il retrouve un peu de calme après le repli allemand de mars 1917 puis les avancées françaises de la même année.

- Vauxbuin connaît l’occupation allemande du 30 mai à septembre 1918.

- Le recensement de 1921 comptabilise 100 habitants de moins que dix ans plus tôt (mais la population augmente fortement dans les années 1920).

Site du village :
http://www.vauxbuin.fr/page1histoire.html



- On trouve à proximité du village, sur le plateau le long de la RN2 une immense et triple nécropole militaire, dans laquelle les soldats des deux camps se côtoient.
- Le cimetière français rassemble près de 5 000 combattants, provenant de cimetières militaires provisoires comme le cimetière de Longpont, Cerseuil, Longueval, Missy-sur-Aisne, Saint-Christophe à Soissons, Oulchy-le-Château, Jouy, Nanteuil-la-Fosse, etc.

- « Un carré contient les corps de 281 soldats britanniques. Les combattants du corps expéditionnaire britannique (B.E.F.) sont passés par deux fois à Vauxbuin. La première, à la suite de la bataille de la Marne (du 6 au 10 septembre 1914), qui allait les conduire jusqu’au Chemin des Dames où ils restent jusqu’à la mi-octobre. De cette période, on trouve 53 tombes identifiées dans cette nécropole. La seconde, lors des combats du printemps et de l’été 1918, après l’offensive allemande du 27 mai (opération Blücher-Yorck) ».
http://www.memorial-chemindesdames.fr/pages/cimetiere_detail.asp?cimetiere=41

- Enfin, un cimetière allemand abrite plus de 9 000 corps. « Un petit nombre des hommes inhumés ici a été tué entre l'automne 1914 et février 1915 lors de l'avancée allemande et de la retraite de la bataille de la Marne. La majorité des sépultures concernent la bataille du Chemin des Dames de 1917 : blessés ayant succombé à leurs blessures dans des postes de secours français, ainsi que ceux tués au cours de l'année 1918 lors de l'offensive allemande sur le Chemin des Dames, débutée le 27 mai 1918. »
http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/page/affichelieu.php?idLang=fr&idLieu=4631


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