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Mon activité est moindre ici en ce moment car je consacre beaucoup de temps au blog "frère" qui raconte semaine après semaine (et jour par jour en ce moment) les événements au Chemin des Dames il y a 100 ans.


http://cdd100ans.blogspot.fr/


Cordialement
Gil Alcaix

dimanche 27 janvier 2013

W comme Wolber



- Entreprise française, dont deux usines se trouvent dans la région du Chemin des Dames.

- Antoine Wolber fonde la société qui porte son nom à Levallois en 1898. Elle fabrique des pneus pour cycles (la marque organise aussi des courses et s’associe à des marques de vélos). Peu de temps après, il crée deux usines dans l’Aisne, à Soissons et Vailly.

- L’industriel s’installe dans la région, achète le « château » de Carreux (commune de Missy) et devient membre de la Société archéologique, historique et scientifique de Soissons en 1913.


- Une première fois occupées brièvement par les Allemands, les usines Wolber sont contraintes de fournir leurs produits (carburant, caoutchouc). Les Alliés libèrent les lieux les 13 et 14 septembre 1914, puis le front se fige à proximité immédiate, causant les premiers dégâts importants.

- Après la perte de Vailly fin octobre 1914 et le renforcement de l’artillerie en rive sud de la rivière, l’usine Wolber devient une des cibles privilégiées des obus français. Les 26 et 27 janvier 1915, deux incendies consécutifs aux bombardements français de la 69e DI (batterie Lande) ravagent la manufacture (source: JMO 137e Brigade et de l’artillerie de la 69e DI).


- Après la guerre, l’usine de Soissons est reconstruite. On sait peu de choses de la société Wolber jusqu’à son rachat par Michelin en 1972 (l'usine de Soissons est aujourd'hui fermée, après un plan social houleux).



A consulter :

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dimanche 20 janvier 2013

P comme Patrouille contre patrouille



- En octobre 1914, Victor Ingels (né à Bailleul dans le Nord en 1874) est capitaine au 306e RI qui remplace les Britanniques à Vailly-sur-Aisne ; il commande la 20e compagnie (5e bataillon).

- Le 24, il « part avec deux hommes pousser une reconnaissance vers les tranchées allemandes. S’étant approché de très près de la lisière du bois à l’angle d’une tranchée nouvelle [probablement le bois Marcon, NDLA], y rencontre une patrouille ennemie sur laquelle il fait feu ; cette patrouille riposte au feu et le capitaine Ingels tombe sur le coup. Les deux hommes qui l’accompagnaient se retirent en rampant sous la fusillade et rendent compte de l’incident. Une forte patrouille envoyée à la recherche du capitaine est accueillie par des coups de feu dans le bois qu’elle fouille sans rien trouver. Le soir le capitaine n’était pas rentré à sa compagnie. »

- Trois jours plus tard, à 5h15, « une forte patrouille allemande » est repoussée par le 5e bataillon « en laissant sur le terrain un sous-lieutenant et deux hommes. Dans les poches de l’officier se trouvait un carnet de route fort bien tenu à jour, contenant notamment une page relatant la mort du capitaine Ingels, qui avait été tué par un de ses gefreites. Il y est confirmé que le capitaine Ingels aurait été tué d’une balle dans la poitrine et qu’il était porteur d’une somme de 1 800 marks et de cartes. » [Face au 306e RI se trouve la 6e Division allemande, qui comprend les 20e, 24e et 64e régiments d’infanterie]




Source principale : JMO du 306e RI (SHD)

 (SHD)

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dimanche 13 janvier 2013

C comme Champ d'Asile



- Lieu-dit du bois des Couleuvres (sud-ouest du bois de Beaumarais, au nord de Chaudardes), aujourd’hui appelé « Champ d’Astele » sur les cartes IGN.

- Situé entre septembre 1914 et novembre 1917 à proximité immédiate des premières lignes françaises, ce lieu sert de bivouac à de nombreuses troupes présentes dans les secteurs de Craonne et des plateaux à l’est d’Hurtebise.
- Le Champ d’Asile reçoit fréquemment des obus allemands (le général Durand est très gravement blessé à proximité le 16 septembre 1914) mais permet d’apporter les premiers soins aux blessés (c’est donc aussi un lieu de décès fréquemment indiqué sur les avis) ou d’attendre la nuit avant de se positionner dans les tranchées.
(un exemple parmi d’autres : le 32e RI)

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samedi 5 janvier 2013

C comme Churchill (Winston)



- Homme politique britannique
- Blenheim 1874 – Londres 1965

- En 1914, Winston Churchill est Premier Lord de l’Amirauté depuis trois ans.
- Le 27 septembre, il se rend auprès des troupes britanniques dans l’Aisne pour étudier leur situation. Le général Hamilton qui commande la 3rd Division le reçoit à Braine et demande à son aide de camp, le  lieutenant Billy Congreve (auteur de Armageddon Road et décédé sur la Somme en juillet 1916) de le guider. Churchill est conduit dans une Rolls-Royce sur le plateau de Brenelle via Chassemy pour observer la vallée et le plateau du Chemin des Dames depuis les postes d’observation de l’artillerie.
- Profitant d’une accalmie dans le bombardement allemand, le futur premier ministre britannique peut rester quelques instants sur ces hauteurs. De retour à sa voiture, il dit à son accompagnateur : « Maintenant j’ai été sous le feu sur les cinq continents. »



Source : Paul Kendall, Aisne 1914 : The dawn of trench warfare (page 325)

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mardi 1 janvier 2013

M comme Mont-Sapin







- Ferme et lieu-dit situés quelques hectomètres à l’ouest de Soupir

- « La route départementale se prolonge en ligne droite, au milieu de la vallée, vers Bourg-et-Comin. Il faut la quitter ici, à sa bifurcation avec le chemin vicinal n°38, de Soupir à Vendresse. Une belle croix de pierre, connue sous les noms de « Croix de la Vignette » et de « la madeleine », se dresse à l’angle des deux routes. A gauche, sur une éminence, s’étend plus que ne s’élève une maison de campagne assez spacieuse, dont les jardins étagés dominent les alentours. C’est le « Mont-Sapin », appelé autrefois « Vignon de Lin ». Il est adossé contre le flanc de la colline des « Hyppes », dont l’éperon, couronné d’un bois d’épicéas, s’avance vers la rivière toute proche, entre la dépression de Chavonne et la gorge de Soupir. »
(Chanoine Lebergue, Monographie de Soupir, Bulletin de la Société archéologique, historique et scientifique de Soissons, 1931)


- Après les combats de l’automne 1914, la zone du Mont-Sapin est coupée en deux : le bas de la pente, incluant la ferme, reste aux mains des Français, tandis que les Allemands contrôlent l’essentiel du versant et les hauteurs, se trouvant ainsi en position fortement favorable.
- A noter que les Britanniques ont bâti en septembre 1914 un pont (surnommé ensuite « pont des Anglais ») face à la ferme.




(carte issue du JMO du 355e RI en janvier 1917 - Source: SHD de Vincennes)

- Le 16 avril 1917, c’est le 25e BCP (127e DI) qui est chargé de la prise du Mont Sapin, « véritable clef de la toute première position allemande » comme le dit le JMO de la division.
- A 6 heures l’attaque se déclenche : 172e RI à droite, 355e à gauche. « Le barrage d’artillerie neutralise les mitrailleuses ennemies. Le 25e BCP saute sur la tranchée de Tirpitz. 30 prisonniers, mais la pente est presque à pic. Terrain bouleversé. Le barrage d’artillerie s’éloigne à 100m, en 3 minutes bientôt les mitrailleuses allemande reparaissent et ouvrent un feu violent sur les Chasseurs. Ceux-ci continuent la progression dans le bois avec un barrage de V.B puis de grenades quand il n’y a plus de V.B. Les 2e vagues, par petites fractions, interviennent, manœuvrant avec hardiesse ; elles enveloppent un ouvrage fermé qui couronne les carrières. Les grenadiers allemands sont réduits, les mitrailleuses tournées et enlevées dans un vigoureux corps à corps, les servants des minenwerfers cloués sur leurs pièces. »
- 300 prisonniers allemands (dont 8 officiers) des 186e et 418e régiments allemands sont capturés lors de l’assaut du Mont-Sapin. Dans la soirée, une contre-attaque violente est menée, que le 25e BCP, en pointe par rapport aux autres unités de la division, réussit à stopper difficilement (en partie grâce aux munitions allemandes récupérées).
- Les Allemands recommencent le lendemain, dès 4h30, avec des troupes fraîches. La 3e compagnie de chasseurs, « qui a perdu tous ses officiers et la moitié de ses sous-officiers et qui es t commandée par un sergent, résiste avec une énergie admirable ; les Allemands sont repoussés et laissent de nombreux cadavres sur le terrain. »
- Toute la journée, des combats acharnés se déroulent, très sanglants notamment en ce qui concerne l’encadrement des compagnies. Ce n’est que lorsque les unités voisines peuvent aborder le plateau que la résistance allemande diminuent et que le Mont-Sapin est définitivement tenu.
- Le 25e BCP perd 273 hommes lors de ces combats : 49 morts, 204 blessés et 20 disparus.




 
- Le Mont-Sapin abrite aujourd’hui un  cimetière italien regroupant les corps des combattants morts notamment lors des derniers combats autour de Soupir début octobre 1918.



Sources :
JMO 127e DI (SHD de Vincennes)

Historique du 25e BCP