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Mon activité est moindre ici en ce moment car je consacre beaucoup de temps au blog "frère" qui raconte semaine après semaine (et jour par jour en ce moment) les événements au Chemin des Dames il y a 100 ans.


http://cdd100ans.blogspot.fr/


Cordialement
Gil Alcaix

samedi 30 mars 2013

B comme Brenelle



- Village à 1 km au nord de Braine, sur le rebord sud du plateau entre Aisne et Vesle
- 180 habitants

- Au début des hostilités, Brenelle compte environ 240 habitants.
- Brièvement occupé pr les Allemands, le village se retrouve très proche des premières lignes après la contre-attaque franco-britannique de septembre 1914 puis après les progrès allemands sur Vailly (novembre 1914).

- Après l’offensive Nivelle et l’éloignement relatif du front, Brenelle devient une base française pour le ravitaillement et les bombardements en direction du Chemin des Dames (notamment grâce à ses creutes aménagées).
- « Brenelle, où nous sommes, est un petit village accroché presque au sommet du plateau situé entre la vallée de la Vesle et celle de l’Aisne. Il faut voir comme cela grimpe ! […] Brenelle est assez souvent bombardé. L’ennemi cherche une pièce de marine installée dans le ravin, un parc de saucisse et surtout la route qui constitue une des principales artères du ravitaillement. Parfois, les éclats tombent dans la rue et il faut se mettre à l’abri. » Paul Cocho, 74e RIT, Mes carnets de guerre et de prisonnier 1914-1919, 26 juin 1917)
- Une ambulance y est installée, et à proximité un cimetière provisoire.

- Le 28 mai 1918, le village est à nouveau occupé par les Allemands, cette fois pour quelques mois.


- Au recensement de 1921 (année où la commune reçoit la Croix-de-guerre), Brenelle comptabilise 194 habitants (chiffre qui diminue par la suite).

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vendredi 22 mars 2013

A comme Autobus


(source du fond de carte : IGN)


- Secteur fortifié et tranchée français situés à quelques hectomètres au nord-ouest de Berry-au-Bac, en première ligne : « secteur de l’Autobus, nom donné par un autobus parisien resté en panne sur la route 44 lors de l’offensive de la Marne en 1914. » (Gaston Lefebvre, Un de l’Avant, 3 octobre 1915)
- Un boyau de l’Autobus longe la Route Nationale 44.

- Ce bus de la Compagnie Générale des Omnibus parisienne a été réquisitionné en septembre 1914 pour servir à la section de transport de personnel Le Blant. Dans la nuit du 13 au 14 septembre 1914, le groupe assure les transports du 45e RI. L'autobus tombe en panne et ne peut être ni réparé ni dégagé face à la violence des bombardements allemands.
(Informations fournies par Frédéric Avenel sur le Forum 14-18)

- Le 4 mars 1915, Albert Thierry de la 5e compagnie du 28e RI écrit : « Un talus suffisant nous dérobe à la vue de l’ennemi. A droite c’est Sapigneul, à gauche Craonne ; devant je ne sais quoi la plaine. En arrière, la haute levée des deux canaux fait barrage et les ruines excitent l’esprit. Nous regardons un paysage de piquets, de fils de fer et de betteraves gelées. A trois cents mètres de nous se tient sur quatre roues, gauchi un peu, sans carreaux, solide encore à son poste de naufragé, l’Autobus qui donne son nom à notre secteur. Nous y avons un poste d’écoute, et les Allemands aussi. » (source : Vincent Le Calvez, sur le site duquel on peut voir une photographie dudit bus)



 

- Après les légers progrès de l’offensive Nivelle, le secteur fortifié de l’Autobus n’est plus en première ligne, reportée quelques hectomètres plus à l’est. Il reste parcouru de tranchées et de boyaux mais perd son rôle défensif.

- Le secteur de l’Autobus est aujourd’hui occupé par des sablières.

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dimanche 17 mars 2013

B comme Bergey (Daniel)



- Homme d’Eglise français
- Saint-Trélody (Gironde) 1881 – Saint-Emilion 1950

- Prêtre en 1904, Daniel Bergey devient curé de Saint-Emilion en 1911 tout en étant un militant acharné de la défense du catholicisme. En 1914, réformé pour cause de santé, il s’engage et devient aumônier de la 36e DI, tout en participant activement à certains combats (au sein du 18e RI notamment) : il est donc dans le secteur du Chemin des dames à partir de septembre 1914.

- « Nous étions encore à Muscourt pour le 1er novembre 1914. C’est un souvenir pour moi inoubliable : l’abbé Bergey, aumônier de la 36e division, célèbre la messe en plein air sur l’arrière d’un caisson. IL nous adresse la parole avec son éloquence habituelle, sachant toucher le cœur des soldats et il finit en disant : “Maintenant, je m’adresse aux artilleurs, je leur demande de ne pas tirer à partir de 14 heures, je compte sortir des tranchées de la première ligne de la ferme de la Creute et d’Hurtebise. Avec des fleurs sous les bras, j’irai les déposer sur les restes de ceux qui sont tombés entre les tranchées allemandes et françaises.”
Vous comprenez avec quelle curiosité tout le monde, muet, attendit ce moment. Nous étions dans tous les observatoires et, à l’heure dite, nous vîmes, en effet, comme il l’avait dit, l’abbé Bergey sortir des tranchées et accomplir son geste inoubliable. Pas un coup de feu n’a été tiré sur lui, les Allemands avaient compris. » (Lieutenant Mercié, cité par René Courtois, Le Chemin des Dames)

- Le 27 janvier 1915, il est blessé lors de l’attaque allemande réussie sur la ferme de la Creute : « Très forte canonnade de notre côté à 9h. M. l’abbé Bergey est blessé par 3 éclats d’obus à la face à la poitrine dans le trajet de Beaurieux à Cuissy-ferme vers 5h soir : le shock a été assez fort : le portefeuille a empêché une blessure très grave au niveau de la pointe du cœur. » (JMO du Groupe de brancardiers de la36e DI – orthographe et ponctuation originelles conservées)


- De retour au front titulaire de la Légion d’Honneur, l’aumônier Bergey est particulièrement actif dans la création et la rédaction de journaux de tranchée : Le Poilu Saint-Emilionnais, Le Rayon (en occitan) et Nos Filleuls, qui se concentre sur la recherche de marraines pour les soldats originaires des zones occupées.


- Début mai 1917, l’abbé Bergey participe à la reprise de l’offensive Nivelle en direction du plateau de Californie : « le 4 mai, debout sur les ruines de l’église de Craonne, il bénissait les 2e et 3e bataillons [du 18e RI] partant à l’assaut. Cette bénédiction était peut-être d’abord une présence amicale, un regard fraternel et compatissant. » (RG Nobécourt, Les fantassins du Chemin des Dames)
- Quelques jours plus tard, le régiment connaît une importante qui se traduit par l’exécution de plusieurs soldats à Maizy, en présence de l’aumônier Bergey, le 12 juin : Alphonse Didier, Jean-Louis Laplacettes et Casimir Canel (Vincent Moulia s’étant échappé).


- Après la guerre, il s’engage en politique et devient député de 1924 à 1932.



Biographiecomplète sur le site de l’Assemblée Nationale

Dossier deLégion d’Honneur (notamment ses réclamations après perte de ses papiers durant le conflit)


Merci aux participants du Forum 14-18 pour leur aide et leurs compléments d’informations, à consulter ici : http://pages14-18.mesdiscussions.net/pages1418/forum-pages-histoire/autre/aide-lecture-sujet_12603_1.htm

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mercredi 6 mars 2013

B comme Broussiloff



- Camp militaire français, nommé d’après le général russe Alexeï Broussilov (ou Broussilof) situé au nord-est du château du Blanc-Sablon, à l’abri relatif de la butte arborée dont l’altitude maximale est de 116 mètres : « Cet endroit s’appelle le camp Broussilov, et se trouve à un kilomètre de Craonnelle, au pied du fameux plateau de Craonne. » (Rémy Marchand, Les mémoires d’un poilu d’Aunis)

Carte des principaux camps français du secteur de Craonnelle (fond de carte: IGN)

- « Le 4e bataillon [du 233e RI], au camp Broussiloff, fut longtemps le moins inquiété ; mais un jour, un avion de malheur, volant très bas, repéra les baraquements. C’était l’heure de la soupe du soir et toutes les escouades mangeaient dehors. L’avion, après les avoir signalé à l’artillerie, se mit à les mitrailler. Les poilus s’enfuirent sous une pluie d’obus de tous calibres. L’avion continuait de les mitrailler en les surveillant et en réglant le tir d’artillerie. Les pertes furent sérieuses, un officier fut tué ; sur un point, où se trouvaient quelques méchants gourbis, s’était réfugiée une masse d’hommes ; pendant plus d’une heure, ces hommes furent soumis à un bombardement par obus à gaz. Beaucoup furent évacués, malades. Le camp de Broussiloff avait cessé d’exister ! » (Ambroise Harel, Mémoires d’un poilu breton, quelques jours avant le 16 avril)




- A noter : une tranchée française qui entoure l’ouest et le sud du Bois-des-Buttes avant le 16 avril 1917 porte aussi ce nom.

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